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Les chaussures de claquettes

Définition des chaussures de claquettes

Forme

Les chaussures de claquettes doivent être ajustées, c’est-à-dire que le pied doit être enveloppé par la chaussure, sans laisser de vide devant les orteils, mais sans que les orteils ne touchent la chaussure. C’est pourquoi, le devant des chaussures de claquettes est d’office fabriqué plus rond par rapport aux chaussures de villes, afin de suivre les contours d’un pied constitué normalement. La largeur des chaussures de claquettes est conçue par rapport à un pied moyennement large (M). Par rapport à cette largeur, certains fabricants proposent une version supplémentaire, plus large (W).

Hauteur de talon

La hauteur professionnelle (et idéale) du talon est de 3,5 cm, ce qui peut paraître haut, mais ne l’est point. La hauteur de talon est d’abord ressentie par rapport à la forme du talon : plus le talon est affiné, plus il semble haut… La hauteur de 3,5 cm est idéale puisqu’elle aide à pousser le poids du corps davantage sur les orteils, la bonne posture pour faire des claquettes. Elle permet d’être dans une position affirmative pour les sons effectués par la plante du pied et de faire sonner les talons sans devoir chercher l’impact (ce qui n’est pas le cas quand le talon est trop plat, il faut fournir davantage d’efforts). Aujourd’hui, pour les chaussures à lacets, la moyenne de la hauteur de talon proposée par les fabricants tourne aux alentours de 2 cm, un minimum. Conseil pour les femmes : restez à votre hauteur habituelle ! Si vous portez quotidiennement des talons, gardez une certaine hauteur de talon pour vos chaussures de claquettes. Pour commencer, évitez les talons trop fins qui demandent un maintien parfait de la cheville.

Confort

Vous avez le choix entre 2 options : confort immédiat ou chaussures «à faire». Pour les chaussures au confort immédiat, les matières ont été pré-assouplies ou le cuir est d’office très souple. Ces chaussures vont s’assouplir encore davantage et éventuellement perdre un petit peu leur forme précise. A terme, le pied est parfois moins maintenu. Les chaussures au cuir plus robuste doivent se faire et vont devenir très confortable à l’usage. Ces chaussures, très bien ajustées, ont une durée de vie supérieure.

Le son

Le bon son des chaussures de claquettes dépend de deux facteurs techniques et d’un facteur personnel : l’épaisseur et la consistance de la semelle et l’épaisseur des fers, mais surtout la façon de taper des danseurs ! Afin de garantir une bonne souplesse, confortable pour les danseurs, les semelles des chaussures à petit prix (et souvent aussi dans la gamme moyenne) sont assez fines. Pour maintenir un bon son malgré tout, mais également pour pallier à la minceur de ces semelles, les fabricants proposent maintenant une plaque de carbone, à clouer sur la semelle avant de visser le fer. Cette plaque aide à une fixation durable et empêche en même temps que les vis ne ressortent à l’intérieur de la chaussure. Les chaussures de qualité supérieure d’un point de vue technique ont une semelle épaisse, voier une semelle doublée. La résistance de ces semelles permet des mouvements acrobatiques et le son est naturellement très fort.

Les fers

Depuis un certain temps les chaussures de claquettes sont ferrées à la fabrication, et presque toutes les marques ont développé leur propre gamme de fers dont la qualité moyenne est maintenant très satisfaisante. Avant les danseurs à claquettes choisissaient un paire de chaussures et les fers qu’il voulaient monter dessus. On pouvait alors opter pour des chaussures de claquettes proprement dites ou juste choisir une bonne paire de chaussures de ville et mettre les fers dessus. Ce procédé était largement valable puisque les semelles des chaussures étaient en cuir et souvent assez épaisses. Il est encore en vigueur pour de rares modèles haut de gamme.

Monter des fers sur des chaussures de ville

C’est toujours possible, à condition que la semelle soit en cuir et suffisamment épaisse et que la forme des chaussures soit adaptée aux claquettes. Il est quasi impossible de monter des fers sur des semelles en plastique ou de baskets: cela ne tient jamais très bien. D’un point de vue économique l’achat d’une paire de chaussure et des fers, en ajoutant les frais à engager pour le cordonnier qui va les monter, sont souvent plus chers que l’achat d’une paire de claquettes équipée.

L’antidérapant

L’antidérapant – comme son nom l’indique – sert à éviter de glisser lors de mouvements dansants. Sur la plupart des chaussures il est installé d’office, à l’exception de certains modèles d’entrée de gamme ou certaines chaussures pour enfants. Sur certains modèles l’antidérapant a aussi une autre fonction : il aide à pallier à la différence de niveau entre la fin du fer de devant et la semelle. Ceci s’avère nécessaire quand la semelle est fine et par conséquent trop souple. La différence de niveau se ferait très vite sentir à l’intérieur de la chaussure, une sensation très désagréable ! Les chaussures haut de gamme n’ont pas besoin d’antidérapant à ce niveau : la semelle double-épaisseur est suffisamment solide. Souvent les antidérapant sont livrés avec les chaussures, mais pas fixés.

Réparations des chaussures

Le défaut le plus constaté, indépendamment de la valeur de la chaussure, est qu’une vis ne tienne plus. Ne tardez pas à faire la réparation, sinon le trou va s’agrandir à chaque fois que vous revisserez et vous risquez d’abîmer les chaussures! Le procédé de réparation est simple : mettez quelques gouttes d’une colle super-glu dans le trou. Cette opération doit éventuellement être répétée plusieurs fois puisque le cuir absorbe d’abord tout le liquide. Quand la colle ne disparaît plus, mettez la vis et vissez-la à moitié. Attendez une minute et vissez à fond : si vous sentez un certaine résistance, c’est bon ! Certains professeurs préconisent de desserrer un peu les vis pour obtenir un son plus clinquant : méfiez-vous, ceci est uniquement valable pour des semelles très épaisses (et une longueur de vis supérieure à la normale) ! Si vous optez pour cette solution, vous devez préalablement faire la «réparation» décrite ci-dessus.

Historique

Clogs

Tout a commencé avec les clogs – les sabots – portés universellement par les travailleurs afin de protéger leurs pieds contre l’humidité. Avec le début de l’industrialisation au cours du 18ème siècle ces sabots ont migré des fermes aux manufactures, où les pavés des ruelles leur donnaient davantage de son. C’est essentiellement en Angleterre, dans le Lancashire, que la tradition de la danse du sabot a connu un nouvel essor devant les usines, où les ouvriers s’amusaient pendant leur pauses. Avec le succès des Minstrel-Shows dès 1840, ces sabots se trouvèrent vite sur les scènes des Etats-Unis, où des artistes, en grande majorité des immigrés irlandais et anglais, montraient leurs danses.

Split-clogs

Le tout-bois des sabots n’était pas très confortable et apparaissait trop rigide pour ajouter des déplacements sur scène et très vite le split-clog a pris le dessus. D’aspect plus «normal» par rapport à une chaussure de ville, le split-clog était une chaussure en cuir avec une semelle épaisse en bois. Cette semelle était construite en deux parties – d’où la désignation «split» – afin de permettre un mouvement souple de la cheville. Le bois de la semelle contre le bois de la scène donnait un très joli son, ce que nous pouvons constater dans tous les numéros de Bill ‘Bojangles’ Robinson, qui portait des split-clogs jusqu’à la fin de sa carrière. L’inconvénient des split-clogs résidait dans le fait qu’il fallait faire fabriquer ces chaussures sur mesure par un bottier de théâtre, ce qui présentait un coût certain, et que le bois se cassait très vite… Bill Robinson usait plus de 35 paires de chaussures par an !

Le Softshoe

En revanche, une certaine variété de danses ne se faisaient pas en clogs, chaussures dures («hard shoes», mais en chaussures de ville souples avec une bonne semelle de cuir (les «soft shoes»). Pour renforcer le son de ces chaussures, les danseurs pouvaient fixer un pièce de monnaie ou une capsule de bouteille aplatie sur la semelle.

Les Fers

Les fers sont arrivés au tout début des années 1930 et ont toute de suite pris le dessus, aussi bien pour les soft-shoes que pour les hard-shoes. Les claquettes proprement dites étaient nées ! D’une marque à l’autre, le son variait légèrement, suivant l’alliage d’aluminium utilisé lors de la fabrication. L’autre critère de son était l’épaisseur du fer et donc son poids. Aujourd’hui encore, le «Morgan-Heel» est le plus prisé par les professionnels : il est le plus épais ! Pendant de longues années, les seuls fers de claquettes de bonne qualité disponibles sur le continent étaient les fers de la marque Capezio, mais aujourd’hui toutes les grandes marques proposent des fers de bonne qualité.

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