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Les chaussures
de claquettes

Forme, talon, confort, son, fers… tout ce qu’il faut savoir pour bien choisir sa paire — et un peu d’histoire.

Bien choisir

Définition des chaussures de claquettes

Forme : ajustée

Les chaussures de claquettes doivent être ajustées : le pied doit être enveloppé par la chaussure, sans laisser de vide devant les orteils, mais sans que les orteils ne touchent la chaussure. C’est pourquoi le devant des chaussures de claquettes est d’office fabriqué plus rond par rapport aux chaussures de ville, afin de suivre les contours d’un pied constitué normalement.

La largeur est conçue par rapport à un pied moyennement large (M). Certains fabricants proposent une version supplémentaire, plus large (W).

Hauteur de talon idéale

3,5 cm

La hauteur professionnelle (et idéale) du talon, ce qui peut paraître haut, mais ne l’est point : elle aide à pousser le poids du corps davantage sur les orteils, la bonne posture pour faire des claquettes. Elle permet d’être dans une position affirmative pour les sons effectués par la plante du pied et de faire sonner les talons sans devoir chercher l’impact.

Aujourd’hui, pour les chaussures à lacets, la moyenne proposée par les fabricants tourne aux alentours de 2 cm, un minimum.

Conseil pour les femmes : restez à votre hauteur habituelle ! Si vous portez quotidiennement des talons, gardez une certaine hauteur de talon pour vos chaussures de claquettes. Pour commencer, évitez les talons trop fins qui demandent un maintien parfait de la cheville.

Confort

Vous avez le choix entre 2 options

Option 1

À partir d’une chaussure de jazz

Les matières ont été pré-assouplies ou le cuir est d’office très souple.

  • Confort immédiat !

Ces chaussures vont s’assouplir encore davantage et éventuellement perdre un petit peu leur forme précise. À terme, le pied est parfois moins maintenu.

Option 2

À partir d’une chaussure de ville « classique »

Ces chaussures, souvent au cuir plus robuste, doivent « se faire » et vont devenir très confortables à l’usage.

  • Très bien ajustées, elles ont une durée de vie supérieure.

Un temps d’adaptation : le cuir doit d’abord se faire au pied.

Le son

Deux facteurs techniques et un facteur personnel

Afin de garantir une bonne souplesse, confortable pour les danseurs, les semelles des chaussures à petit prix (et souvent aussi dans la gamme moyenne) sont assez fines.

1

La semelle

Son épaisseur et sa consistance. Les chaussures de qualité supérieure ont une semelle épaisse, voire doublée : elle permet des mouvements acrobatiques et le son est naturellement très fort.

2

Les fers

Leur épaisseur. Sur les semelles fines, les fabricants proposent une plaque de carbone, à clouer sur la semelle avant de visser le fer : fixation durable, et les vis ne ressortent pas à l’intérieur de la chaussure.

3

Votre façon de taper

Le facteur personnel… et surtout le plus important !

Fers & antidérapant

Ce qui est sous la semelle

Les fers

Depuis un certain temps les chaussures de claquettes sont ferrées à la fabrication, et presque toutes les marques ont développé leur propre gamme de fers dont la qualité moyenne est maintenant très satisfaisante.

Avant, les danseurs choisissaient une paire de chaussures et les fers qu’ils voulaient monter dessus : des chaussures de claquettes proprement dites, ou une bonne paire de chaussures de ville. Ce procédé était largement valable tant que les semelles étaient en cuir et souvent assez épaisses. Il est encore en vigueur pour de rares modèles haut de gamme.

Monter des fers sur des chaussures de ville

C’est toujours possible, à condition que la semelle soit en cuir et suffisamment épaisse et que la forme des chaussures soit adaptée aux claquettes. Il est quasi impossible de monter des fers sur des semelles en plastique ou des baskets : cela ne tient jamais très bien.

D’un point de vue économique, l’achat d’une paire de chaussures et des fers, en ajoutant les frais du cordonnier qui va les monter, est souvent plus cher que l’achat d’une paire de claquettes équipée de la gamme moyenne.

L’antidérapant

Comme son nom l’indique, il sert à éviter de glisser lors de mouvements dansants. Sur la plupart des chaussures il est installé d’office, à l’exception de certains modèles d’entrée de gamme ou de certaines chaussures pour enfants. Souvent les antidérapants sont livrés avec les chaussures, mais pas fixés.

Sur certains modèles, il aide aussi à pallier la différence de niveau entre la fin du fer de devant et la semelle, quand la semelle est fine et trop souple : une sensation très désagréable à l’intérieur de la chaussure ! Les chaussures haut de gamme n’en ont pas besoin à ce niveau : la semelle double épaisseur est suffisamment solide.

Réparations

Une vis ne tient plus ?

C’est le défaut le plus constaté, indépendamment de la valeur de la chaussure. Ne tardez pas à faire la réparation, sinon le trou va s’agrandir à chaque fois que vous revisserez et vous risquez d’abîmer les chaussures !

Certains professeurs préconisent de desserrer un peu les vis pour obtenir un son plus clinquant : méfiez-vous, ceci est uniquement valable pour des semelles très épaisses (et une longueur de vis supérieure à la normale) ! Si vous optez pour cette solution, vous devez préalablement faire la réparation décrite ci-contre.

La réparation, en 4 gestes

1

Mettez quelques gouttes d’une colle super-glu liquide dans le trou.

2

Répétez éventuellement plusieurs fois : le cuir absorbe d’abord tout le liquide.

3

Quand la colle ne disparaît plus, mettez la vis et vissez-la à moitié.

4

Attendez une minute et vissez à fond : si vous sentez une certaine résistance, c’est bon !

Historique

Du sabot au fer de claquettes

XVIIIᵉ – 1840

Les clogs

Tout a commencé avec les clogs — les sabots — portés par les travailleurs pour protéger leurs pieds de l’humidité. Avec l’industrialisation, ils ont migré des fermes aux manufactures, où les pavés des ruelles leur donnaient davantage de son. Dans le Lancashire, la danse du sabot a connu un nouvel essor devant les usines, où les ouvriers s’amusaient pendant leurs pauses. Avec le succès des Minstrel-Shows dès 1840, ces sabots se trouvèrent vite sur les scènes des États-Unis.

Split-clogs

Le split-clog

Une chaussure en cuir avec une semelle épaisse en bois, construite en deux parties — d’où « split » — pour un mouvement souple de la cheville. Le bois contre le bois de la scène donnait un très joli son, comme dans tous les numéros de Bill « Bojangles » Robinson, qui en portait jusqu’à la fin de sa carrière. Fabriquées sur mesure par un bottier de théâtre, elles coûtaient cher et le bois se cassait très vite… Bill Robinson usait plus de 35 paires par an !

Soft-shoe

Le softshoe

Certaines danses ne se faisaient pas en clogs, chaussures dures (« hard shoes »), mais en chaussures de ville souples avec une bonne semelle de cuir (les « soft shoes »). Pour renforcer le son, les danseurs pouvaient fixer une pièce de monnaie ou une capsule de bouteille aplatie sur la semelle.

Années 1930

Les fers

Arrivés au tout début des années 1930, ils ont tout de suite pris le dessus : les claquettes proprement dites étaient nées ! Le son variait suivant l’alliage d’aluminium et l’épaisseur du fer. Aujourd’hui encore, le « Morgan-Heel » est le plus prisé par les professionnels : il est le plus épais ! Longtemps, les seuls fers de bonne qualité disponibles sur le continent étaient ceux de Capezio ; aujourd’hui toutes les grandes marques, comme Bloch ou Sansha, proposent des fers de très bonne qualité.

Trouvez votre paire

En ligne ou au magasin, 21 rue Keller — tous les jours de 16h à 18h30.